Le cumul chômage et auto-entrepreneur est l’un des dispositifs les plus avantageux pour créer ou développer une activité tout en conservant un revenu de sécurité. En 2025, le cadre a évolué : plafonnement du cumul à 60 % des droits restants, mensualisation stricte des allocations et conditions renforcées pour l’ARCE. Comprendre ces nouvelles règles, savoir comment effectuer les démarches et appliquer des stratégies d’optimisation permet de protéger ses droits, d’anticiper ses revenus et de se lancer sereinement.
Comprendre le cumul chômage et auto-entrepreneur en 2025
Un levier pour entreprendre en limitant les risques
Ce dispositif permet à un demandeur d’emploi de percevoir tout ou partie de l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) tout en générant un chiffre d’affaires via le statut de micro-entrepreneur. L’objectif est d’assurer une transition financièrement stable, afin de tester son activité sans pression excessive.
Les deux dispositifs existants
- Maintien partiel de l’ARE : l’allocation est versée en fonction du chiffre d’affaires déclaré, après abattement forfaitaire (71 % commerce, 50 % services, 34 % professions libérales).
- ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) : capital représentant 60 % des droits restants, versé en deux fois, qui remplace le versement mensuel de l’ARE.
Les nouveautés 2025 pour le cumul du chômage et auto-entrepreneur
Limitation à 60 % des droits restants
Depuis le 1er avril 2025, le cumul ARE + revenus d’auto-entrepreneur est limité à 60 % de la durée totale des droits restants. Par exemple, avec 300 jours de droits, le cumul s’arrête après 180 jours, même si des droits subsistent.
Versement mensualisé sur 30 jours
Le calcul de l’ARE s’effectue désormais sur une base fixe de 30 jours calendaires. Cette réforme apporte de la clarté, mais elle peut réduire légèrement le montant perçu sur les mois longs.
Conditions renforcées pour l’ARCE
Le second versement de l’ARCE est conditionné à l’absence d’emploi en CDI à temps plein et au maintien effectif de l’activité. En cas d’arrêt, un retour à l’ARE reste possible, mais uniquement après cessation complète et délai de carence.
(Source officielle : Service-public.fr – Cumul chômage et création d’entreprise)
Comment faire pour cumuler chômage et auto-entrepreneur ? Méthode pas à pas
Étape 1 – Vérifier la situation de création
Si la micro-entreprise a été créée avant la fin du contrat de travail et générait déjà du chiffre d’affaires, il est parfois possible de cumuler intégralement l’ARE et les revenus, sans plafond. Dans les autres cas, les nouvelles règles s’appliquent.
Étape 2 – Consulter ses droits à l’ARE
Se connecter à l’espace France Travail pour connaître : montant journalier, durée restante, différés éventuels.
Étape 3 – Choisir entre ARE et ARCE
- ARE : adaptée aux démarrages progressifs avec besoin de revenus réguliers.
- ARCE : idéale si un capital immédiat est nécessaire pour financer un investissement.
Étape 4 – Déclarer l’activité
Enregistrer la micro-entreprise sur autoentrepreneur.urssaf.fr et informer France Travail afin d’activer le cumul.
Étape 5 – Actualiser chaque mois
Même en cas de chiffre d’affaires nul, la déclaration mensuelle est obligatoire. L’omission peut suspendre le versement de l’ARE.
Étape 6 – Anticiper la fin du cumul
Préparer en amont la suite : augmentation d’activité, changement de statut ou nouvelle organisation financière.
Exemples concrets d’application
Cumul partiel
Un consultant facture 1 200 € par mois en prestations de services. Après abattement de 50 %, 600 € sont retenus pour calculer la réduction d’ARE. Le revenu global reste supérieur à l’ARE seule, mais le cumul s’interrompt après 60 % des droits.
Capital via ARCE
Un artisan investit dans du matériel grâce à l’ARCE : 7 200 € versés en deux fois. L’absence d’ARE mensuelle est compensée par ce financement initial.
Cumul intégral
Une formatrice, déjà auto-entrepreneuse avant la perte d’emploi, cumule la totalité de l’ARE avec son chiffre d’affaires pendant toute la durée des droits.
Notre stratégie avancée : combiner ARE et SASU pour optimiser ses revenus
Pour ceux qui souhaitent optimiser fiscalement et sécuriser leurs allocations, une stratégie consiste à :
- Créer une SASU avec président non rémunéré avant le début du versement de l’ARE.
- Facturer et encaisser les revenus dans la SASU, sans se verser de salaire. France Travail continue de verser l’ARE complète.
- À la fin des droits, distribuer des dividendes (revenus de capitaux mobiliers), bénéficiant d’une fiscalité spécifique.
- Modifier ensuite les statuts pour autoriser la rémunération du président, ou revenir en micro-entreprise pour continuer à facturer.
Cette approche, légale si elle est correctement appliquée, nécessite un accompagnement d’expert-comptable afin de respecter scrupuleusement les règles.
Pour approfondir le choix du statut, consultez l’article « Comment choisir le statut juridique idéal pour son activité »
FAQ sur le cumul chômage et auto-entrepreneur
- Il est fréquent de se demander si la déclaration est obligatoire en cas de chiffre d’affaires nul. La réponse est oui : elle est indispensable chaque mois, sous peine de suspension d’ARE.
- Certains envisagent de changer d’option entre ARE et ARCE en cours de route : ce n’est pas possible, le choix est définitif.
- Le plafond de 60 % des droits restants s’applique à tous, sauf aux micro-entreprises créées avant la perte d’emploi et déjà en activité.
- Enfin, la stratégie SASU inquiète parfois : elle est parfaitement conforme si le président reste non rémunéré pendant l’ARE et que toutes les obligations déclaratives sont respectées.

Conclusion
En 2025, le cumul chômage et auto-entrepreneur demeure un levier efficace pour entreprendre avec sécurité. Les nouvelles règles – limitation à 60 %, mensualisation, conditions ARCE – imposent davantage d’anticipation et de rigueur. Le choix entre ARE et ARCE doit être réfléchi en fonction de la trésorerie et du rythme de développement. Pour les plus stratégiques, la combinaison avec une SASU bien gérée permet de maximiser les avantages tout en restant en conformité avec France Travail. La clé réside dans la préparation, la clarté des démarches et le suivi attentif de sa situation.
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